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#CILE2015 Kamal Tawfiq Hattab: Riba and Interest between Islamic Jurisprudence (Fiqh) and Economics

#CILE2015 Les Participants

 

>> 3e Conférence Annuelle Internationale du CILE, Bruxelles, mars 2015 <<

 

Biographie

Le Docteur Hattab a obtenu son doctorat en écono- mie islamique à l’Université d’Ummalqura, Arabie Saoudite, en 1990 après un master (1986) et une licence (1981) à la même université. Il est spécia- lisé dans l’économie et la banque islamiques avec un accent particulier sur le fiqh des transactions financières modernes. Il enseigne depuis plus de vingt ans dans les universités de Jordanie, du Pakistan, de Malaisie et du Koweït et a dirigé une trentaine de mémoires de master et de thèses de doctorat sur l’économie islamique et la banque islamique ; et sur le fiqh des transactions financières. De 1993 à 1995 il a été chef du Département d’Économie islamique à l’Université islamique du Pakistan ; de 2005 à 2007 il a été chef du Département d’Économie islamique et de Banque islamique à l’Université de Yarmouk, Jordanie ; de 2007 à 2010, professeur d’économie à la même université ; et entre 2010 et 2012, il a été vice-doyen de l’Université en charge des affaires académiques à l’Université internationale de Médine (MEDIU) en Malaisie.

Il est l’auteur d’une cinquantaine de travaux de recherche publiés dans des revues universitaires et présentés lors de congrès nationaux et internationaux. En 2013, il a publié Dalil al-bahithin ila al-iqtisaad al-islami wal masarif al-islamiyyia fi al-urdun 1974-2010 (Guide de l’économie islamique et de la banque islamique en Jordanie 1974-2010 pour les chercheurs) (Washington : IIIT, 2013). Actuellement (depuis 2012) il est professeur invité à l’Université de Koweït, Faculté de Sharia, Koweït.

 

Titre de la conférence (Panel: Économie et Finance)

Usure & intérêt dans le Fiqh (jurisprudence islamique)

Résumé

Nous chercherons à clarifier le concept de ribâ’ en expliquant en quoi consiste l’usure, les différences entre usure et intérêt et les implications du caractère usuraire ou non des intérêts. Ceci nous mènera à préciser les prescriptions juridiques liées à l’utilisation de l’intérêt par les musulmans, notamment dans les pays non-musulmans. À cet effet, nous commencerons par clarifier la nature de l’usure (ribâ’) en exami- nant les positions des juristes et des exégètes sur la définition de l’usure interdite dans le Coran et de l’usure interdite dans la sunna et en considérant dans quelle mesure le concept de ribâ’ s’applique aux intérêts. Nous détaillerons les princi- pales conséquences ici-bas et dans l’au-delà de l’utilisation de l’usure. Puis nous examinerons les positions des savants contemporains sur les intérêts bancaires dans les pays musulmans et non-musulmans, ainsi que les fatwas proposées à notre époque dans le cas des minorités musulmanes dans les pays non-musulmans, les positions des savants sur la nécessité et l’intérêt général, la validité juridique de ces arguments et leur effet sur la variabilité ou non de la prescription juridique.

Nous aboutirons à la conclusion que l’intérêt est la même chose que l’usure illicite et que l’interdiction du recours à l’usure entre les musulmans et les autres est la norme, sans qu’il y ait de différence entre les intérêts bancaires dans les pays musulmans et dans les pays non-musulmans à l’heure actuelle. Toutefois, les musulmans pouvant subir, dans les pays non-musulmans, des discriminations et des lois d’exception, il est possible d’autoriser les musulmans à recourir aux intérêts, dans des cas individuels strictement définis, en application de la règle selon laquelle la difficulté appelle l’allégement, de la règle selon laquelle les nécessités rendent licite l’interdit et de la règle selon laquelle le besoin équivaut à la nécessité en général et en particulier ; cela, pour préserver les musulmans de l’injustice et pour les renforcer et les protéger, et dans la mesure où ce recours aux intérêts demeure temporaire et se limite aux circonstances qui le rendent nécessaire.

Introduction :

L’humanité n’a jamais été aussi unanime, au cours de l’histoire, que dans sa condamnation de l’usure. Chez les Grecs déjà, Platon l’interdisait et Aristote maudissait l’usure et les usuriers, considérant que l’argent ne produit pas de l’argent. De même au Moyen-âge, Thomas d’Aquin par exemple mettait en garde contre l’usure et l’Église était catégorique dans son interdiction. L’usure était aussi condamnée par les Arabes préislamiques qui la considéraient comme un mauvais gain. Ainsi lorsque les Mecquois voulurent reconstruire la Ka’ba, ils s’interdirent d’utiliser tout argent mal acquis, dont les profits de l’usure.

Dans le Coran, Dieu ne menace personne de guerre comme il menace ceux qui profitent de l’usure :

«Ô croyants, craignez Dieu et renoncez à ce qui reste dû des produits de l’usure, si vous êtes croyants. Si vous ne le faites pas, attendez-vous à la guerre de la part de Dieu et de Son Prophète. Mais si vous vous repentez, vous aurez droit à votre capital sans léser personne ni être lésés» (Coran 2/278-279).

Ceci exprime clairement la gravité de l’acte commis par ceux qui pratiquent l’usure.

Toutefois, l’interdiction de l’usure a été parmi les dernières énoncées par le Coran, et malgré l’unanimité des savants anciens et modernes sur le caractère illicite et la gravité de l’usure, ils ont largement divergé sur les détails de son application : la nature des biens pouvant donner lieu à des profits usuraires, la raison d’être commune à tous ces biens, les cas particuliers d’usure dissimulée, etc.

En outre, les juristes modernes ont divergé sur le statut des intérêts bancaires en particulier dans les pays non-musulmans, quant au statut du recours aux intérêts bancaires dans les pays non-musulmans, au statut des hypothèques, des prêts étudiants et d’autres pratiques nouvelles, et avant tout, à la nature de l’usure illi- cite. Ils se sont interrogés sur l’existence d’une différence entre l’usure et l’intérêt bancaire, sur la nature de l’intérêt en droit et en économie et ce qui le distingue de l’usure. Ce sont là les principales questions que nous aborderons dans cette communication, à travers l’étude des points suivants:

  1. La nature, les catégories et les effets de l’usure
  2. L’intérêt, en droit et en économie
  3. L’usure et l’intérêt : objectifs de leur interdiction
  4. Le statut juridique du recours par les musulmans à l’intérêt et à ses dérivés

 

Vidéo

(Remplacé par le Dr Mohammed Seddik à partir de 5 minutes 40 secondes)

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