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#CILE2015 Abdullah Al Judai "Riba: Concept and Consequences"

#CILE2015 Les Participants

 

>> 3e Conférence Annuelle Internationale du CILE, Bruxelles, mars 2015 <<

 

Biographie

Le Docteur Al-Judai est titulaire d’un doctorat en économie islamique et est l’un des plus importants savants musulmans dans le monde aujourd’hui. Né à Bassora en Irak en 1958, il a obtenu l’Ijaza des plus grands savants de l’Irak. Il est membre fondateur du Conseil européen de la Fatwa et de la Recherche dont il a été Secrétaire général de 1998 à 2000. Il a été, entre autres, imam et orateur à la mosquée Al-Nijada de Bassora (1976-1978), imam principal et orateur des mosquées Al-‘Uqaila et Amr Ibn ‘As au Koweït (1979-1986) et professeur titulaire d’études islamiques à Dar al-Qur’an au Koweït (1986-1988). Alliant une vaste connaissance des sciences islamiques à la maîtrise des outils et de la technologie informatique modernes, il a été consultant de recherche au Koweït et en Arabie Saoudite pour Al-Sakhr Technologies (à l’origine du premier PC en arabe) où il a édité la majeure partie des premiers logiciels sur les hadiths et les autres sciences islamiques.

Le Sheikh Abdullah a publié son premier livre à l’âge de dix-huit ans et a, depuis, publié près d’une centaine de livres sur les questions les plus variées. Ses travaux sont appréciés des principaux savants de la jurisprudence islamique et du hadith de par le monde. Il dirige actuellement le Centre de recherche et de conseil Al-Judai tout en étant consultant religieux à la Grande Mosquée de Leeds et enseignant d’Usul Al-Fiqh (fondements de la jurisprudence) à l’Institut européen des Sciences humaines du Pays de Galles. 

 

Titre de la conférence (Panel: Économie et Finance)

Le concept de ribâ’ et ses implications

 

Résumé

Les éléments irréfutables de la charia devant être acceptés comme tels, il n’y a pas lieu de débattre du statut juridique de l’usure (ribâ’) en islam. Son interdiction est en effet formulée dans un texte explicite du Coran ne pouvant donner lieu à interprétation : « L’usure est interdite », avec promesse d’un terrible châtiment à ceux qui y auraient recours. Ce qui peut toutefois être un objet d’étude et d’in- terprétation dans ce contexte, c’est la définition de l’usure. Le sens du terme ribâ’ est-il limité à la signification étymologique du mot, sur la base de l’expression en arabe du texte coranique ? Si l’on admet cela, comment cette interprétation linguistique concorde-t-elle avec les objectifs de la législation islamique qui posent comme principe la licéité dans les transactions financières ? L’argent étant considéré comme essentiel à la vie, l’être humain est libre d’en disposer pour en tirer un profit immédiat ou futur ; des règles sont établies pour le protéger et les interdictions ne sont qu’exceptionnelles, dans des cas particuliers où les pratiques humaines s’écartent de la justice.

Il est indéniable que le sens du discours était évident à ses destinataires lors de son énonciation. Si cela n’avait pas été le cas, il aurait nécessité des explications, car il est communément admis que nul ne peut être rendu responsable de ce qu’il ne comprend pas et qu’une explication nécessaire doit être donnée sans délai. Cette brève introduction permet d’ores et déjà de percevoir que lorsque l’islam a interdit l’usure, il a interdit une pratique répandue et connue dont la définition ne suscitait pas de divergence. Cela d’autant plus que les textes l’interdisant ont été révélés à la fin de la mission prophétique : on ne saurait imaginer qu’il y ait eu un besoin d’explication et que le Prophète (paix et salut à lui) ait quitté ce monde en laissant sa communauté dans l’obscurité alors même qu’il avait été envoyé pour faire sortir les gens des ténèbres vers la lumière et que Dieu lui avait donné pour fonction d’expliquer la parole révélée. De même, cela ne serait pas compatible avec la présomption de la perfection de la législation.

Qu’est-ce donc que le ribâ’, interdit de manière irréfutable par une révélation coranique ; et connaît-on l’objectif et le dessein de son interdiction, ce qui permettrait de s’y référer sans ambiguïté ? C’est la question essentielle à laquelle nous tenterons de répondre ici.

Nous verrons également comment les réponses que l’on peut apporter à cette question se répercutent dans le débat interprétatif dont regorgent les ouvrages du patrimoine juridique islamique, puis dans les positions des juristes de notre époque chargés des questions relatives à l’économie islamique, en particulier dans l’explication de notions particulières. Par exemple, les prêts bancaires liés à un besoin ou au développement relèvent-ils réellement du ribâ’ ou non, et si oui quelles sont les alternatives justes ? Quelles sont les conséquences de cela sur les transactions financières modernes, notamment les transactions courantes auxquelles la plupart des gens ne peuvent pas échapper ? Et comment tout cela peut-il être lu dans le contexte de l’objectif supérieur de la législation islamique fondé sur la préservation de la facilité et l’allégement des difficultés ?

On attirera aussi l’attention sur les bases de la critique du système économique actuel dans la perspective de la législation islamique où s’inscrit le statut juri- dique du ribâ’ ; et en particulier la prise en compte de l’évolution expliquée par l’économie et le droit. Nous en viendrons alors à expliquer brièvement la différence entre l’usure et l’intérêt : s’agit-il de deux choses distinctes ou les deux mots couvrent-ils une même réalité ? Nous clarifierons la vision interprétative des juristes musulmans dans leur lecture du concept d’intérêt et nous verrons comment cette lecture a donné lieu à l’instauration d’un système bancaire décrit comme « islamique » en tant qu’alternative se réclamant de la législation islamique au système bancaire classique.

 

Vidéo

(à partir de la 23e minute)

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