Le développement durable à la lumière de l'Islam: étude conceptuelle basée sur les valeurs de la communauté musulmane

Par la Dr TOUMI AMARA Djamila : Maitre de conférences

Ecole Nationale Supérieure de Management ; PU Kolea Tipaza

 

Introduction

 

L’entreprise est un tissu de relations engagées, relations commerciales, relations de travail, relations d’échange, relations d’information, etc ... .. Ces relations sont diversifiées ; des groupes et des sous- groupes sont impliqués les uns dans les autres. La nature de ces relations tient compte de la philosophie de la communauté humaine qui est engagée, avec ses rôles, responsabilités, autorités, intégrations, régulations.

La vie dans l’entreprise est celle d’une communauté engagée. Elle est le théâtre où se jouent les consensus pour que s’unifie le rôle de l’entreprise avec celui de ces partenaires (parties prenantes) en particulier et avec l’environnement en général.

Cet environnement est lui-même un autre théâtre où  de multiples catastrophes écologiques ont eu lieu, ces trente dernières années.  La perspective de ces problèmes écologiques dans un futur proche a favorisé, en particulier dans les pays développés, une prise de conscience citoyenne et politique des risques liés à l’activité productive.

Dans le sillage de la réflexion entamée sur le développement durable, un faisceau de pressions s’est développé pour que les entreprises prennent en considération les conséquences sociales et environnementales de leur activité. C’est ainsi qu’à partir du rapport Brundtland (1987) puis de la conférence de Rio (1992), la notion du développement durable et de la  Responsabilité Sociale de l’Entreprise a progressivement émergé sur le devant de la scène.

Responsabilité sociale (ou sociétale), citoyenneté ou éthique d’entreprise sont des notions qui véhiculent un nouveau projet dans lequel l’entreprise contribue activement à l’émergence d’une nouvelle éthique globale.

La problématique à laquelle nous visons répondre est : quelle est la vision islamique du développement durable ? Autrement dit : quelles sont les valeurs de la communauté musulmane et comment contribuent-elles au comportement sociétal des entreprises ?

 

  1. Le développement durable 

Le développement durable (ou développement soutenable, anglicisme tiré de Sustainable development) est une doctrine politique visant à allier deux notions opposées et nécessaires: le développement des sociétés de façon équitable et la protection de l'environnement.

Selon la définition proposée en 1987 par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement dans le Rapport Brundtland, le développement durable est : « Un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir. »

Face à l'urgence de la crise écologique et sociale qui se manifeste désormais de manière mondialisée (changement climatique, raréfaction des ressources naturelles, écarts entre pays développés et sous-développés, perte drastique de biodiversité, catastrophes naturelles et industrielles), le développement durable est une réponse de tous les acteurs (États, marché, société civile) pour reconsidérer la croissance économique à l'échelle mondiale afin de prendre en compte les aspects écologiques, environnementaux et sociaux humain du développement.

Il s’agit aussi, en s’appuyant sur de nouvelles valeurs universelles (responsabilité, participation et partage, principe de précaution, débat, innovation, …) d’affirmer une approche double :

Dans le temps : nous avons le droit d’utiliser les ressources de la Terre mais le devoir d’en assurer la pérennité pour les générations futures ;

Dans l’espace : chaque humain a le même droit aux ressources de la Terre (principe de destination universelle des biens). Le principe du développement durable consiste à développer ses activités en tenant compte de leurs impacts à court, moyen et long terme sur l'environnement, les conditions sociales et l'éthique et ce, au niveau mondial.

1.1–la responsabilité sociétale de l’entreprise :

Les termes « responsabilité sociétale des entreprises » proviennent de la Commission européenne[1]. Dans l’acceptation européenne, le terme « sociale » est traduit de l’anglais et doit être, en français, plutôt rapproché du terme « sociétale » lequel inclut le volet environnemental. En effet, selon la Commission, le concept de RSE signifie essentiellement que les entreprises, de leur propre initiative, contribuent à améliorer la société et à protéger l’environnement, en liaison avec les parties prenantes. La RSE est donc la déclinaison des principes du développement durable à l’échelle de l’entreprise.

Selon le Livre vert de l’Union européenne[2], « Le concept de responsabilité sociale des entreprises signifie essentiellement que celles-ci décident de leur propre initiative de contribuer à améliorer la société et rendre plus propre l’environnement »). Plus loin, la Commission précise que « la plupart des définitions de la responsabilité sociale des entreprises décrivent ce concept comme l’intégration volontaire des préoccupations sociales et écologiques des entreprises à leurs activités commerciales et leurs relations avec les parties prenantes » (CE 2001, p. 8), définition que la Commission reprend d’ailleurs à son propre compte dans le document de 2002 (CE 2002).

Vigeo[3], agence européenne de notation sociale, se réfère explicitement au cadre fourni par le Livre vert : « l’entreprise socialement responsable, non seulement satisfait pleinement aux obligations légales et conventionnelles applicables, mais intègre aussi en tant qu’investissement stratégique, les dimensions sociales, environnementale et sociétale à ses politiques globales

CSR Europe3 un réseau, créé en 1996 à l’initiative de la Commission européenne et de quelques avance la définition suivante : « la responsabilité sociale des entreprises renvoie à la manière dont les dirigeants d’entreprises améliorent leur impact social et environnemental pour créer de la valeur à la fois pour les actionnaires et les autres parties prenantes en modifiant sa stratégie, son organisation et ses procédés ».

Enfin, le numéro spécial de la revue Structural Change and Economic Dynamics (2004)[4] sur la RSE retient la définition suivante : « Nous définissons la Responsabilité Sociale de l’Entreprise comme des actions permettant d’améliorer le bien-être social au-delà des intérêts de la firme et de ce qui est requis par la loi ».

Ces définitions, qui sont une représentation fidèle de la manière dont est appréhendée la RSE, mettent donc l’accent sur le caractère volontaire d’une démarche d’intégration par l’entreprise d’objectifs sociaux et environnementaux.

La citoyenneté ou responsabilité d'entreprise est un engagement à respecter, un ensemble de principes qui dépasse la simple application des dispositions légales. Ces principes sont le plus souvent basés sur des instruments internationaux universellement reconnus comme les conventions de l'Organisation internationale du travail (OIT), la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Déclaration de Rio sur le développement durable.

Les domaines sur lesquels s’exerce la responsabilité d’entreprise sont l’environnement, les conditions et normes de travail, les droits humains, l’éthique commerciale (ou la lutte contre la corruption) et le gouvernement d’entreprise.

Le gouvernement d’entreprise concerne le fonctionnement de l’entreprise et ses relations avec les différentes «parties prenantes». Il comprend les droits et obligations du conseil d’administration et de la direction, les relations de l’entreprise avec les actionnaires, la politique de communication et l’éthique commerciale.

La prise en compte de la responsabilité sociale de l’entreprise, bien que volontaire, se distingue nettement du mécénat ou de la philanthropie. Elle implique un changement de culture au sein de l’entreprise et doit s’inscrire au cœur de sa stratégie.

 

1.2 - Raisons d’engagement dans une démarche citoyenne : 

Milton Friedman (1970)[5] : a dit « la responsabilité sociale de l’entreprise est d’accroître ses profits ». Dans la mesure où la RSE et le développement durable sont une démarche volontaire, pour quelles raisons l’entreprise y souscrit-elle ?

L’engagement d’une entreprise dans une démarche citoyenne peut être motivé par différents facteurs :

  • les convictions et valeurs personnelles de certains dirigeants et dirigeantes d’entreprise conscients de l’importance économique des exigences sociales et environnementales,
  • les pressions d’ordre social provenant d’organisations non gouvernementales ou d’associations de consommateurs,
  • les pressions d’ordre commercial exercées par les investisseurs soucieux d’éviter tout risque financier lié à des comportements contraires à certains critères de responsabilité éthique, sociale et environnementale,
  • la volonté d’anticiper la mise en place par les pouvoirs publics d’instruments juridiquement contraignants.

On peut s’interroger sur le caractère véritablement antagonique de la responsabilité sociale de l’entreprise et de son intérêt. En effet, si le besoin d’éthique des dirigeants et des salariés est avéré, le DD et la RSE peuvent être aussi une stratégie de ressources humaines de l’entreprise, visant à motiver davantage ceux qui y travaillent. Certaines entreprises en font un élément attractif de leur gestion des ressources humaines; notons par exemple la société ST Microelectronic ou Johnson&Johnson qui font de leur propre responsabilité sociale un élément attractif de leur politique de recrutement.

Le rôle de la responsabilité sociale dans le recrutement a d’ailleurs fait l’objet d’une étude quantitative de Montgomery et Ramus (2003)[6] qui montrent, sur un échantillon de 279 candidats à un emploi, fraîchement diplômés d’un MBA, que plus de 90 % d’entre eux sont prêts à « sacrifier » une partie de leur rémunération pour travailler dans une entreprise socialement responsable.

D’autre part, l’entreprise est une institution sociale qui ne doit pas seulement être gérée dans le sens de son intérêt propre mais aussi dans le sens de l’intérêt collectif. C’est l’analyse du courant Business and Society pour lequel « l’entreprise est une institution sociale créée par la société, envers laquelle elle est redevable et qui est en mesure de lui retirer ses privilèges si elle se révèle inadéquate »[7] .

 

1.3 - Moyens d'action :

Une entreprise qui choisit de s’engager dans une démarche de responsabilité sociale et du développement durable  est consciente de la contribution qu’elle peut apporter, par le biais de ses biens et services, à la prospérité économique et au développement de la communauté dans laquelle elle opère. Elle cherche à la fois à réduire l’impact négatif de ses activités sur l’environnement et l’exclusion sociale et à s’engager activement dans sa sphère d’influence pour améliorer ces paramètres. Les outils à disposition pour mettre en œuvre une politique de responsabilité sociale sont les suivants :

  • Les codes de conduite,
  • Les labels environnementaux et sociaux,
  • Les pratiques éthiques d’investissement,
  • Le dialogue avec les parties prenantes

D’une manière globale, l’opinion publique attend de l’entreprise qu’elle s’implique dans la vie de la cité et qu’elle certifie que ses produits sont socialement, humainement et écologiquement corrects.

 

  1. Les valeurs de la communauté musulmane.

Si l'on cherche dans la formation de la société musulmane, nous verrons qu’elle est construite sur le terrain de la religion divine et non sur le gré des gens. Ce terrain constitue la base de toutes les relations et interactions qui relie la communauté avec l’extérieur et qui relie également les membres ce cette communauté entre eux.  

Compte tenu de ce terrain de base, la moralité religieuse réglemente tous les aspects de vie au sein de cette communauté ; les bases de travail, les lois du travail, les relations entre les individus, les principes de comportement et tous les autres aspects importants de la société, qui déterminent sa trajectoire vers le progrès et le développement. This Islamic society is the society that enjoys its formation capacities that are distinguished from other human societies according to the following features: Cette communauté qui a jouis d’une éducation céleste se distingue des autres communautés humaines en fonction des caractéristiques suivantes :

 

2.1 – une communauté médiane (oumatan wassatan)

Selon Mohamed AMARA,[8]  La modération, dans la conception islamique, constitue réellement la caractéristique singulière qui distingue la méthode islamique de toutes les autres.

Elle est la modération entre deux extrêmes et la position équitable qui tient compte de la pondération, tout en se refusant de verser dans l’excès. Car, tout penchant à l’excès est un acte de démesure qui fait incliner la balance est, de ce fait, pécher par manque de modération islamique globale. Un tel acte s’avère de toute évidence sans possibilités de témoignage ni de témoins. C’est précisément le cachet qu’Allah a voulu imprimer à la Oumma de l’Islam conformément au verset coranique : «Et aussi Nous avons fait de vous une communauté de justes pour que vous soyez témoins aux gens, comme le Messager sera témoin à vous.»[9] .

Contrairement à la modération qu’a prônée Aristote, et qui consiste à un point algébrique qui séparerait, à une distance égale, deux pôles/deux vices[10]. Ainsi perçue, elle n’est, en définitive, qu’un point algébrique, une position statique et quelque chose d’autre sans rapport aucun avec les deux pôles. Or, elle ne correspond nullement au concept islamique du juste milieu.

Dr Mohamed AMARA précise que la modération dans l'optique islamique, est une véritable troisième position, une nouvelle attitude réelle. Son emplacement au centre de deux postulats contradictoires n’implique nullement qu’elle en porte les caractéristiques, les composantes et les traits. Elle est différente des deux pôles, mais pas en tout : cette différence consiste à rejeter l’autarcie et l’enfermement sur les traits d’un pôle aux dépens des autres.

C’est dans cette optique qu’intervient le hadith du Prophète Mohammed que le salut soit sur lui «Le milieu : la justice. Nous avons fait de vous une communauté de justes»[11], comme une illustration de l’essence du concept de la modération en Islam.

Concernant le volet économique, l'Islam favorise, là aussi, la logique de pondération. Il ne se penche, de fait, ni pour une liberté sans limites, que l'on sait amplificatrice de disparités sociales flagrantes, ni pour une quelconque forme de société utopiste où soient abolies les classes sociales. Conscient des écarts existant entre les hommes quant à l'énergie et à l'effort que tout un chacun est prêt à fournir, la religion islamique juge, certes, tout à fait normal, voire nécessaire, qu'il y ait une disparité entre eux dans le gain et dans la répartition des ressources. Mais, cette hiérarchisation ne doit pas aller jusqu'à porter atteinte aux exigences de l'équilibre et de la solidarité agissante entre individus. Car, en Islam, la communauté est comparable à un seul corps, dont les organes sont complémentaires, bien que l'utilité et les besoins de chacun soient différents. C’est cette modération qui aura le grand effet, comme nous allons le voir dans le chapitre prochain sur la perception islamique de l’économie. Au fait l’économie islamique est médiane, elle n’est ni conforme au socialisme n’est au libéralisme capitaliste.

D’autres part, la modération islamique place l’homme dans le juste milieu entre des dualités opposant l’esprit et le corps, la vie et l’au-delà, l’être et l’objet, l’individu et la communauté, la pensée et la réalité, le matérialisme et l’idéalisme, le muable et l’immuable, le nouveau et l’ancien, la raison et la tradition, la force et la loi, la science et la religion, l’éthique et le profit, …

La modération est, donc, la caractéristique distinctive de la communauté musulmane. C’est la raison pour laquelle l’Islam est qualifié de Religion de fitrah, celle de l'humanité saine et normale, laquelle s’impose en tant que passage incontournable vers le chemin de la civilisation, comme en témoignent bien les adversaires mêmes avant les amis.

 

2.2 – une communauté témoin :

Dans le même verset où Allah le Très Majestueux a parler de la qualité médiane de la communauté on trouve que cette vertu est lié à une autre corollaire qui est celle d’être témoin Allah a dit : «Et aussi Nous avons fait de vous une communauté de justes pour que vous soyez témoins aux gens, comme le Messager sera témoin à vous.»[12]

La communauté musulmane n'a pas été choisie pour elle-même, selon une présupposée qualité inhérente, mais bien en raison des bonnes actions qui devraient distinguer ses membres

« Vous êtes certes la meilleure communauté suscitée pour les hommes, vous ordonnez le bien, vous interdisez le mal, et vous croyez en Dieu »[13] .

Si, de nos jours, on évalue les pays en fonction de leur production en matière première, en produits agricoles, industriels ou autres ; il y est un domaine dans lequel la communauté musulmane doit tenir toujours le premier rang. C'est d'être la première communauté «productrice de bien».

Elle est appelée à témoigner de sa foi devant l'humanité entière :

Ce rôle de témoin se traduit entre autre par un attachement à des valeurs repères même à une époque qui a tendance à secouer tous les repères. Tant que la communauté musulmane existe personne ne pourra prétendre, un jour devant Dieu, ne pas connaître la droiture, la pudeur ou le bien à cause de l'environnement où il a vécu. Le témoignage qui sera produit contre lui c'est cette communauté qui, tout en vivant à la même époque que lui, vivait d'une manière différente, imprégnée de foi et respectueuse de valeurs.

L’imam Mohammed Abdou[14] a expliqué que les musulmans seront tout aussi témoins aux tenants de l’exagération démesurée en matière religieuse qui arguent que cette existence ne serait qu'un corps sans âme et un châtiment pour l’esprit, et pour s’en affranchir, il importe, selon eux, d’abandonner tous les plaisirs corporels, de torturer le corps et de le priver de tous les caprices et les jouissances d’ici-bas. Vous en serez témoins que, les deux parties, se sont départies du droit chemin et ont consommé leur propre ruine. Ils ont ainsi commis des actes délictuels à l’encontre de leur âme, de leur corps et de leurs prédispositions animales.

La suite de ce verset «…comme le Messager sera témoin à vous» veut dire que le Prophète, Paix et Bénédiction Soient sur Lui, est le modèle parfait de la position du juste milieu. Et cette communauté ne serait celle du juste milieu que si elle Le suit dans Sa voie et Sa charia, Lui qui est juge de ceux qui ont suivi Sa tradition et de ceux qui se sont créées de nouvelles traditions ou qui se seraient dévoyés en emboîtant le pas aux hérétiques.

Autant que cette communauté se porterait témoin, de par sa voie et sa tendance à la perfection corporelle et spirituelle, que ces gens ont raté le droit chemin, le Prophète la confortera dans son témoignage, aussi longtemps qu’elle restera fidèle à Sa tradition[15].

Ce faisant, Lui, le Messager d’Allah, faisant office d’excellent modèle à suivre, assurera par Son témoignage que la communauté des musulmans a emprunté le droit chemin, celui de la conversion divine. Allah dans le Livre Saint : «Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes. Vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez à Allah.»[16].

 

2.3 –une communauté mondiale :

La communauté musulmane n’est pas construite sur la race, la nationalité ou l’ethnisme, ce sont là des caractéristiques qui disparaissent avec l’absence de leurs sources, car la véritable source de cette communauté est la religion et rien d’autre. La voie de la miséricorde est ouverte à toutes les personnes de toutes les races, les langues et les couleurs ; 

Allah a dit, «Ô hommes, certes, je suis un Messager d'Allah à vous tous)[17] . Et aussi « une miséricorde pour tout l'univers » [18]

L'appel Coranique à former une communauté bien distinguée par sa foi, ses croyances et son mode de vie ne peut aucunement être pris pour un appel au communautarisme, à l’enfermement et à l'isolement du monde extérieur. Sur ce sujet, l'Islam, à travers son approche pluraliste, incite à l'interaction des nations comme alternative, d'une part, à toute logique d'ostracisme et d'isolement et, d’autre part, à toute relation de dépendance et d'imitation. Une interaction qui s'inspire de tout ce qu'il y a de commun et d'universel entre les hommes, sans pour autant renier les spécificités identitaires, spirituelles et culturelles de chaque partie.

« O vous porteurs de la foi !tenez-vous fermes comme témoins, devant Dieu, en pratiquant l'équité. Que la haine envers un peuple ne vous incite pas à commettre des injustices. Soyez justes : Cela est plus proche de la piété. Craignez Dieu ; Dieu est bien informé de ce qui vous faites »[19].

Contrairement à la logique européenne d’hier et américaine d’aujourd’hui, ni les sentiments, ni les intérêts ne peuvent autoriser à la communauté musulmane de contourner la justice dans sa relation avec les autres peuples et nations. Seul cet esprit peut être garant d'un vrai équilibre, d'une coopération et d'une entente entre les peuples.

En effet les différences de croyances n'ont jamais justifié une relation conflictuelle entre la communauté musulmane et son entourage.

« Si ton Seigneur avait voulu, Il aurait fait des gens une seule communauté [de même confession].Seule l'agression, l'injustice, l'atteinte à la liberté autorisent à la communauté le recours à la fermeté vis à vis de son environnement. Dès qu'ils inclinent à la paix la communauté musulmane n'a plus le choix ni le droit de rejeter ce « retour à la normale ». La paix étant justement un élément constant dans la relation entre les différents peuples.

« Ne discutez avec les gens du Livre que de la meilleure façon, sauf ceux d'entre eux qui sont injustes. Et dites: "Nous croyons en ce qu'on a fait descendre vers nous et vers vous, tandis que notre Dieu et votre Dieu est le même [un Dieu unique],et c'est à Lui que nous nous soumettons»[20]

« Dieu ne vous défend pas d'être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattu pour la religion, chassés de vos demeures et ont aidé à votre expulsion »[21] De ces versets ; Second : it is an global community. Quatre mots-clés apparaissent dans le Coran pour définir la relation de la communauté musulmane avec son environnement :

  • (al-qist ) = la justice
  • (as-silm) = la paix
  • (al-jidal billati hiya ahsan) = dialogue de la meilleure manière
  • (al-birr) = la bienfaisance

 

2.4-Les devoirs de l'individu envers la communauté

Dans la religion islamique, les devoirs des individus, sont semblables à celui des organes du corps humain. Autrement dit, l'homme doit rechercher son intérêt à travers les intérêts de la société dans son ensemble, et dans tout ce qu'il entreprend il doit prendre en considération le bien de la société afin de pouvoir goûter les fruits de son dur labeur. L'homme doit essayer de faire bénéficier les autres, afin de recevoir des bénéfices lui aussi. Il doit protéger les droits des autres afin que ses propres droits soient protégés. Dans ce qui suit nous allons décrire quelque uns. 

 

2.4.1 -coopération et solidarité :

Un des principaux et des plus importants devoirs de l’individu au sein de la communauté musulmane et la coopération et la solidarité, tous les individus au sein de cette société forme une unité de coopération, d’amour et de soutien mutuel en face des difficultés de la vie et les crises. Le Prophète que le salut soit sur lui a dit que Noble (croyant à son frère croyant est comme un seul bâtiment qui se tient ensemble.

La communauté a un sens sou jacent de l'entraide entre les individus, en vue de mener à bien toutes les affaires communes, et dans l'intérêt de tout le monde. L’Islam en faisant l'éloge de la vertu de l'aide à autrui, ne vise pas uniquement le don d'argent. L'aide à autrui signifie avant tout, et en général, pallier le manque de chacun, le musulman doit donc aider quelqu'un même si ce n'est pas l'argent qui lui manque.

Eduquer un analphabète, guider un aveugle, indiquer le bon chemin à un individu égaré, soutenir quelqu'un qui trébuche, telles sont quelques-unes des formes de l'aide que l'on peut porter à autrui -ou de la coopération. Il est à noter qu’aucune loi ni réglementation ne peut obliger parfaitement les gens à s’entraider, seule la religion est capable de gérer la vie en communauté et de créer ce sentiment de responsabilité envers autrui.

La religion, oblige ainsi l’homme travaille en collaboration avec les autres pour le bénéfice de tous et de chacun. La société, qui est constituée d'individus, ressemblera à un homme immense, dont chacun des organes est comme un individu. Chacun des organes particuliers de cet homme accomplit une fonction spécifique, et bénéficie également des fonctions assurées par les autres organes. Si chaque organe se contente de remplir seulement sa fonction individuelle sans aider les autres organes, par exemple si les mains et les pieds font leur travail sans la coopération des yeux, ou si la bouche limite sa fonction à la mastication des aliments sans transmettre ceux-ci à l'estomac, l'existence de l'homme finira par cesser, et les organes en question connaîtront le même sort.

Le Prophète que le salut soit sur lui nous dit : «Un Musulman est celui des mains et de la langue de qui les autres Musulmans sont à l'abri.» Il dit, par ailleurs : «Les Musulmans sont des Frères les uns pour les autres, et face aux autres ils ont une seule main commune, un seul coeur commun, et un seul objectif commun.» Et il affirme, dans une autre Tradition : «Celui qui ne se préoccupe pas des affaires des Musulmans n'est pas Musulman.»

Ainsi, Dans la lettre que l'Imam Ali Ibn Abi Taleb[22] (a adressée à son gouverneur de l'Egypte, Al Achtar An-Nakhai on lit : "Saches que tes administrés constituent, en fait, des catégories intimement liées les unes aux autres, de telle sorte qu'aucune d'entre elles ne saurait se passer des autres"[23].

On rapporte que lorsque le Prophète (paix et bénédictions soient sur lui) partit vers les lignes romaines, pour la campagne de Tabûk, trois Musulmans ne rejoignirent pas l'armée et ne participèrent pas à la campagne. Lorsque les soldats Musulmans retournèrent à Médine, les trois Musulmans en question sortirent pour les accueillir et saluer leur retour. Mais le Prophète détourna son visage et ne répondit pas à leurs salutations, et fut suivi en cela par les autres Musulmans. Ayant constaté que, dans toute la ville de Médine, personne -même leurs propres épouses- ne leur adressait plus la parole, ils montèrent sur la colline pour passer leur vie à prier Allah, et Lui demander de leur pardonner et d'accepter leur repentir. Après quelques jours, Allah leur ayant pardonné, ils retournèrent en ville. Cet incident montre l'importance que l'Islam attache à la participation de l'individu aux affaires et préoccupations de la Communauté.

 

2.4.2Le conseil « Nassîha»

Exhorter, critiquer, conseiller, interpeller un supérieur est un devoir fondamental pour tout musulman. C'est par ce devoir que se construit le civisme et que se fonde une société libre. Ce devoir prend ses normes dans les paroles divines et prophétiques. C'est à elles que l'on revient en cas de différents ou de conflits. C'est un devoir qui se fait vis à vis des dirigeants, des savants, ce qui ont un pouvoir effectif ou moral. Tous se doivent d'accepter la critique. Ensuite, vis à vis de tout individu,

Tamim ad-Dari rapporte que le Messager d’Allah a dit : « La religion, c'est la Nassîha, la religion c'est la Nassîha, la religion c'est la Nassîha." Ils dirent, "Envers qui, ô Messager d’Allah ?" Il dit : "Envers Allah, Son Livre, Son Messager, les dirigeants des Musulmans et les gens du peuple. »[24]

Le Prophète que le salut soit sur lui a répété ce mot, montrant l'importance de son statut et guidant la communauté musulmane pour qu'elle puisse comprendre réellement que la religion est tout entière – dans ses aspects apparents et intérieurs – comprise dans la Nassîha. Et celle-ci (la Nassîha) consiste à respecter pleinement ces cinq droits.

Ainsi, la Nassîha envers Allah est de reconnaître l'Unicité d'Allah, Sa Singularité dans Ses attributs parfaits dans le sens où nul ne peut les partager avec Lui en aucune circonstance. En ce qui concerne la Nassîha envers le Livre d'Allah, elle s'exprime par sa mémorisation, sa méditation, l'apprentissage de ses mots et de leur signification, ainsi que par l’effort de le mettre en pratique aussi bien pour soi-même que dans les rapports avec les autres.

Quant à la Nassîha envers le Messager, c'est avoir foi en lui, l'aimer, le préférer à soi-même, aux biens matériels et aux enfants. Pour ce qui est de la Nassîha envers les Imams (les dirigeants) des Musulmans – qui sont les détenteurs d’une autorité quelconque (dirigeant suprême, gouverneurs ou directeurs ..etc) ; elle consiste à être convaincu de leur autorité, à les écouter et à leur obéir et aussi faire tout ce qui est possible pour leur montrer le bien, attirer leur attention sur tout ce qui pourrait être bénéfique à eux et aux gens, et les aider pour le bon accomplissement de leurs obligations.

En ce qui concerne la Nassîha envers l'ensemble des Musulmans, c'est d’aimer pour eux ce que l'on aimerait pour soi-même, détester pour eux ce que l'on détesterait pour soi-même, et faire des efforts dans ce sens selon ses capacités. Car, en vérité, quiconque aime une chose s'efforce de la réaliser de la façon la plus complète[25].

Il faut noter que lorsque la Nassîha est adressée à un particulier, l'exhortation et le conseil devront se faire en intimité, sans présence de tierces personnes. Autrement, elle prendrait une autre connotation, celle d'une volonté de divulguer la faute (ou ce qui semblerait être) de la personne, ce qui est condamnable par l'islam. L'imam Chafi'i dit en ces sens :"Celui qui exhorte son frère en toute intimité, alors il l'aura vraiment conseillé. Mais si il le fait publiquement, alors, il lui compromet sa réputation et la ternit."

Le Prophète que le salut soit sur lui dit :« Celui qui ne divulgue pas l'erreur de son frère musulman, Dieu ne divulguera pas ses erreurs au Jour Dernier. Et celui qui révèle les erreurs de son frère musulman, Dieu révèlera ses erreurs jusqu'à qu'Il le fasse à l'intérieur de son foyer. »[26]

d’autres parts, Si la Nassîha  s'adresse à une personne dans sa fonction publique, administrative ou politique, dans ce cas elle peut être faite publiquement si la nécessité se fait sentir, avec toutes les précautions d'usage et de politesse qu'exige une telle situation. Là aussi, il ne s'agit pas de flétrir la personne ou de la condamner, mais de critiquer une position ou une décision.

On a rapporté qu’un musulman s’est levé dans la mosquée de Médine pleine à craquer, et dire à 'Omar ibn El-Khettab radhiaAllâhou'anhou, le second Calife :

« Nous n'entendrons pas et nous n'obéirons pas jusqu'à ce que tu nous expliques comment tu as eu une étoffe plus longue que celle que tu as distribué. »

Et Omar, sans s'offusquer de cette critique publique qui n’est point faite dans l'intimité, a expliqué que sa haute stature avait exigé de lui une deuxième étoffe qui lui a été donné par son fils 'Abdallâh, qu'il appela afin de témoigner.

Et c'est encore Omar, lors d'une assemblée des musulmans, dans la même mosquée, qui voulut limité le cadeau obligatoire (mahr, traduit par dot, que le futur mari doit offrir à son épouse) à un seuil maximal, lorsque se leva une femme du fond de l'assemblée, et l'interpella en lui disant : « Comment oses-tu limiter ce que Dieu n'a pas limité ? » et elle lui lut le verset coranique n°4 de la Sourate An-Nissa et Omar se ravisa alors en disant :

« Omar a fait une erreur et la femme a raison ! »

C’est une qualité très importante qui va nous éclairer sur le management par les valeurs surtout en matière de leadership et de caractéristiques des employés au sein de l’entreprise

 

2.4.3- le bon voisinage

Beaucoup d'importance a été attachée par l'Islam aux droits du voisin, et on rapporte que le Saint Prophète que le salut soit sur lui a dit à cet égard : «Jibril (l'Archange Gabriel) que le salut soit sur lui me recommandait souvent de faire tellement de faveurs au voisin, que j'ai fini par croire qu'il voulait lui réserver une part dans mon héritage. Celui qui nuit à son voisin, ne sentira pas l'agréable parfum du Paradis».

Le Saint Prophète que le salut soit sur lui a dit aussi : «Lorsque quelqu'un mange à satiété alors que son frère Musulman a faim, il ne croit pas en ma Prophétie».

Dans un autre hadith on trouve : «Celui qui enlève une épine du passage des Musulmans est compté une sadaqat pour lui ».

Aussi, offrir des cadeaux est très recommandé et le cadeau offert pour le plaisir d'Allah et sans aucune arrière-pensée matérielle est très méritoire.

 

2.4.4-La Salutation

Encore un devoir que tout musulman doit respecter en communauté, c’est la subtilité même et la finesse de l’édifice de la morale islamiques. Il s’agit de saluer les autres à leur rencontre en leur disant par exemple : « as -salamou alaykoum » ; Que la Paix soit sur vous.

C’est une des façons de se montrer humble. Il est dit que la personne jeune doit saluer les aînés, le passant, celui qui est assis, le petit groupe, le groupe le plus nombreux, et celui qui est sur une monture, celui qui est à pied.

Si une personne salue un groupe de gens et que l'un de ceux-ci réponde à la salutation, les autres sont déchargés de l'obligation de lui répondre.

 

  • Eclairage  islamiques sur le développement durable.

L'Islam couvre tous les aspects de la vie humaine, le modèle de vie qu'envisage l'Islam consiste en un ensemble de droits et d'obligations. Globalement, la loi islamique comporte quatre types de droits et d'obligations pour chaque personne  premièrement, les droits de Dieu; deuxièmement, les droits de la personne sur elle-même ; troisièmement, les droits d'autres humains sur la personne ; quatrièmement, les droits de la nature avec tout ce qu’elle englobe de biens  créés que les hommes, (les khalifats), peuvent utiliser à leur profit.

A huge number of verses in Qura'n and several sayings of the Prophet Muhammad indicate the great importance that has been given to environmental concerns and the responsibility of man to the environment.Un très grand nombre de versets dans Coran et plusieurs paroles du prophète Mohammed (paix et bénédictions du Dieu soient sur lui) montrent la grande importance qui a été accordée à l’utilisation de ces biens, aux préoccupations environnementales et la responsabilité de l'homme envers  la nature. The concept of sustainable development in Islam can be defined as “The balanced and simultaneous realization of consumer welfare, economic efficiency, attainment of social justice, and ecological balance in the framework of a evolutionary knowledge-based, socially interactive model defining the Shuratic process”. The Shuratic process is the consultation or participatory ruling principle of Islam. Le droit de bénéficier des éléments essentiels de l'environnement et des ressources comme l'eau, les minéraux, les terres, les forêts, la faune et la flore,  l'air et la lumière du soleil…, est dans l'Islam, un droit détenu en commun par tous les membres de la société.  Each individual is entitled to benefit from a common resource subject to establishing the degree of need, (needs have to be distinguished from wants) and the impact on the environment.

 

3.1- La préservation des éléments naturels de bases

Le Coran nous conseille de maintenir l'équilibre sur lequel le monde a été créé. "Nous n'avons pas créé le ciel et la terre et tout ce qui entre eux en jouant. If we had desired to have some amusement, “We” would have derived it from “Our” presence, but “We” did not do that”, (Al-Anbiyâ 21:16-17). Si on avait voulu avoir un certain amusement, on l’aurait fait de nous-même »[27].

 

3.1.1 –la terre: :

La Terre est mentionnée 61 fois dans le Coran. Selon l'Islam, l'univers a été créé par Allah avec une juste mesure, un but précis et pour une durée limitée. L'utilisation des ressources naturelles (ni'matullah - les dons d'Allah) est une mission sacrée investi dans l'humanité, l’homme khalifat est un simple gestionnaire et non pas un propriétaire, un bénéficiaire et non un broyeur. Le sol est un élément essentiel pour la pérennité de notre vie ainsi que celle des autres créatures. Dieu a dit « il a disposé la terre pour les différents peuples »[28] c’est ainsi que les éléments solides contenus dans nos corps et dans ceux des autres créatures, proviennent des minerais de la terre. Allah a dit à ce sujet « c’est un des signe de sa puissance qu’il vous a créé de poussière. Puis vous devîntes hommes disséminés de tous côtés »[29] . Dans cette optique il est du devoir de chacun d’entre nous de perpétuer les bienfaits de la terre en préservation la fertilité du sol et en les protégeant contre l’érosion et la désertification. Le  Prophet Muhammad  a dit: «Quiconque apporte terre morte à la vie, est pour lui une récompense, et quelle que soit la créature en quête de nourriture se nourrisse d'elle sera compté pour  lui comme une aumône ".

 

3.1.2 – L’air :

L’islam nous enseigne à préserver l’air qui entoure la terre, c’est un élément très vital pour toutes les créatures. En ce sens, toutes les créatures de la planète sont dépendantes de l’air qu’elles respirent. Outre cette particularité Dieu nous apprends d’autres caractéristiques de l’atmosphère qui nous entoures, telle que la fécondation, Allah a dit : « nous envoyons les vents qui fécondent »[30]

Ceci –dit, l’atmosphère étant investie de fonctions vitales, sa protection et préservation est une  nécessité fondamentale à la sauvegarde de la vie sur terre. Toute activité humaine susceptible de le polluer ou de le déséquilibrer est une atteinte à la vie est donc fortement prohibée par l’islam.

 

3.2.3 – L’eau :

L'eau est la molécule la plus importante dans la vie d'un organisme un élément  important qui doit être conservée et utilisée de manière durable. Le Coran contient de nombreux versets qui parle des propriétés vivifiantes de l'eau (le mot eau apparaît 66 fois). Ces versets traitent de la valeur de l'eau, expliquent sa formation et soulignent sa vulnérabilité, par exemple : « Nous avons créé, à partir de l'eau, toute chose vivante. Ne croient-ils pas ? »[31]. Et « Dis : Que pensez vous ? Si l'eau dont vous disposez était absorbée par la terre, qui donc vous procurerait une eau pure ? »[32]  

Le paradis, qui, pour les musulmans, est la demeure éternelle des croyants et de ceux qui font le bien, est souvent décrit dans le Coran comme ayant, entre autres choses désirables, des ruisseaux qui coulent. Outre la fonction vitale de l’eau, il en est une autre, d’ordre sociau -religieux ; celle de purification L'Islam insiste fortement sur la réalisation d'une parfaite harmonie entre les purifications spirituelle et physique. La purification physique ne se produit que par les ablutions et le bain (ghusl), lesquels requièrent de l'eau propre.

La pureté et la propreté de l'eau sont l'objet d'une grande attention, à la fois dans le Coran et la sunna, et il est demandé avec insistance aux musulmans de ne point polluer, gaspiller ou priver l’autre de l'eau. « Le messager d'Allah interdit d'uriner dans l'eau stagnante»[33] ; « Ne laissez aucun d'entre vous se baigner dans le l'eau stagnante en cas d'impureté majeure »[34] ; «Évitez les trois pratiques potentiellement calamiteuses : déféquer près des sources d'eau, au bord d'une route ou à l'ombre »[35]. « The teachings of Prophet Muhammad emphasize the proper use of water without wasting it.Ne gaspillez pas l'eau même si vous êtes sur une rivière qui coule »He also said: “Whoever increases (more than three), he does injustice and wrong”..

 

Dans la charia, il y a une responsabilité, des fermes placées en amont des rivières, envers les utilisateurs qui y sont en aval.  Une ferme à côté d'un ruisseau est interdite de monopoliser l'eau. Après l'acquisition d'un montant raisonnable de l'eau pour ses cultures, l'agriculteur doit libérer le courant d’eau à ceux en aval. En outre, si l'eau est insuffisante pour l'ensemble des fermes le long du ruisseau, les besoins des exploitations plus âgés doivent être remplis avant les fermes les plus récentes. Cela reflète l'utilisation durable de l'eau basée sur son rendement en toute sécurité.

La  conservation de l'eau devra s’effectuer  à base de programmes établis par un organisme étatique chargé de la gestion des ressources en eau, par le biais de plans destinés  aux  divers secteurs (par exemple collectivité locales, agricole, industriel). Une coordination étroite et un partenariat devraient être institutionnalisés entre les organismes responsables de l'approvisionnement en eau et  la demande (consommateurs) ainsi qu’avec l'éducation et les médias. La participation et la coopération du public à la conception et à l'application des mesures de conservation sont également essentielles au succès des programmes de conservation de l'eau. Le public comprend les consommateurs, les fournisseurs de services, les gestionnaires, les planificateurs et les responsables politiques. L’entreprise joue un rôle primordial dans la sensibilisation du public en mettant en pratique et en diffusant les concepts islamiques liés à la conservation et la gestion de l’eau.

 

3.1.4 - la faune et la flore :

Dieu a créé la biodiversité pour le bénéfice de l'humanité, cette dernière a pour obligation de la protéger contre la dégradation et la pollution et est responsable de son utilisation durable. Dieu dit dans le Coran : "Nous avons fait descendre une quantité mesurée de l'eau du ciel que nous avons déposé fermement dans la terre, et nous sommes en mesure de la supprimer. Par laquelle nous avons fait pousser des jardins de palmiers et des vignes , dans lesquels il y a beaucoup de fruits pour vous et à partir desquels vous mangez, ainsi qu’ un arbre jaillissant du Mont Sinaï, produisant une huile et un assaisonnement à ceux qui mangent. Et il y a certainement une leçon pour vous dans votre élevage. Nous  vous donnons à boire de ce qui est dans leurs ventres et il y a des nombreuses façons dont vous en bénéficiez, certains d'entre eux que vous mangez, et d’autres vous servent avec les navires de transport "[36]

La législation islamique qui a insisté sur la préservation des arbres et des plantes trouve ses racines dans les enseignements coraniques du prophète, par exemple : «Celui qui plante un arbre et s'occupe avec soin, jusqu'à ce qu'elle arrive à maturité et devient productif, sera récompensés dans l'au-delà". Il est également rapporté avoir encouragé la plantation d'arbres comme une pratique constructive, en disant que même si une heure restait avant la dernière heure (la résurrection) et qu’on a un palmier dans sa main, on ne doit pas hésiter à le planter. Même en temps de guerre, les leaders musulmans, comme Abu Baker, conseillent à leurs troupes de ne pas abattre des arbres, détruire l'agriculture ou tuer un animal. 

 

3.1.5– La bonté envers les animaux l’autre facette de la morale islamique

L’islam nous enseigne à être cléments non seulement avec les hommes mais également avec les autres créatures du Dieu. Les animaux, tout comme les êtres humains vivent en groupes  «Il n'y a pas de bêtes sur la terre ; il n'y pas d'oiseaux volant de leurs ailes qui ne forment, pas comme vous, des communautés »[37] Le Messager de Dieu était l’homme le plus doux qui soit, en même temps qu’il surpassait les autres en courage et en bravoure. Il était tellement bon qu’il était aux larmes à la vue de la moindre manifestation de cruauté. Il interdit à ses Compagnons d’affamer ou d’assoiffer les bêtes ou encore de les surcharger. Il recommanda d’être bon envers les animaux et de chercher à les soulager. La bonté envers les animaux est un acte méritoire de nature à rapprocher l’homme de Dieu. Ibn Abbâs rapporte qu’un jour, un homme saisit une chèvre, la jeta sur le flanc, puis se mit à affûter son couteau. Voyant cette scène, le Prophète lui demanda : « Cherches-tu à la tuer deux fois ? Pourquoi n’affûtes-tu pas ton couteau avant de coucher ta chèvre sur le flanc ? »

Abou Hurayrah rapporta que le Prophète dit : « Un voyageur assoiffé trouva un puits sur son chemin. Il y descendit pour étancher sa soif et, une fois ressorti, il vit un chien en train de lécher la boue tellement qu’il avait lui aussi soif. L’homme pensa que le chien devrait avoir autant soif que lui. Il redescendit alors dans le puits, remplit sa chaussure de cuir en eau et ressortit tenant le chausson entre les dents. Ainsi, il étancha la soif du chien. Dieu Se réjouit de ce geste de bonté et absolu l’homme de ses péchés. » Les Compagnons du Prophète s’enquirent : « Ô Messager de Dieu, y a-t-il aussi une rétribution concernant les bêtes et les animaux sauvages ? » Le Prophète répondit : « Il y a une rétribution concernant toute créature ayant un cœur vivant. » 

Abd Allah Ibn Omar rapporta que le Prophète dit : « Une femme fut vouée à l’Enfer à cause d’une chatte qu’elle enferma sans lui donner à manger, ni lui laisser la liberté de déterrer quelque rongeur pour s’en nourrir. »  Abd Allah Ibn Jaafar rapporta que le Prophète entra un jour dans l’enclos d’un jeune homme ansarite ; il y trouva un chameau qui se mit à geindre à la vue du Prophète, des larmes coulant des yeux de l’animal. Le Prophète s’en approcha et lui prodigua quelques tapes sur la bosse et sur la face, ce qui réconforta la bête. Puis le Prophète s’enquit de son propriétaire. Le jeune homme ansarite se présenta et dit : « Ô Messager de Dieu, ce chameau m’appartient. » Le Prophète lui dit : « Ne crains-tu pas Dieu vis-à-vis de ce chameau alors qu’Il l’a mis en ta possession ? Il s’est plaint à moi que tu le surcharges et le fais travailler sans cesse. » 

 

3.2 - le devoir de l’homme au regard du développement durable  

S’agissant d’individus, d’institution gouvernementales ou d’entreprise ; l’homme est obligé au regard de l’éthique islamique de faire son mieux pour atteindre les objectifs du développement durables 

 

3.2.1 - La lutte contre la pollution et le gaspillage:

Les droits à profiter des ressources de la nature sont liés à la responsabilisation quant  à son entretien et sa  conservation. Le principe juridique fondamental établi par le prophète Mohammed est que l'avantage d'une chose et rattaché en  contrepartie avec la responsabilité. La conservation de l'environnement est un devoir religieux exigé par Dieu. Dieu a dit. "Et sois bienfaisant comme Allah a été bienfaisant envers toi. Et ne recherche pas la corruption sur la terre. Allah n'aime pas les corrupteurs"[38].

L'Islam appelle à l'utilisation efficace des ressources naturelles et à la minimisation des déchets. Dieu dit dans le Coran: «Mangez et buvez, mais n’excéder (et donc ne laisser pas de  déchets par excès); Il "n'aime pas les excessifs»[39],

Une autre directive clé visant chaque musulman et qui fait partie de sa mission se trouve dans le verset coranique suivant, lequel revient dans de nombreuses prières musulmanes :

Dieu « interdit la turpitude, l'acte répréhensible et l’injustice »[40] fahesha, munkar et baghi) Selon Yusuf Ali[41], la pollution et le gaspillage des ressources naturelles sont interdits parce qu’ils sont injustes, de faite qu’ils s'attaquent à la capacité des générations actuelles et futures à répondre à leurs propres besoins.

Par ailleurs, le Prophète a découragé les activités qui entraînent des odeurs désagréables de prendre place dans certains lieux publics. Il dit: «Celui qui mange de l'ail ou de l'oignon devraient demeurer à distance de nous». Par analogie, tout ce qui pollue l'air et est préjudiciable à la santé devrait être interdit.

 

3.2.2 - La lutte contre la pauvreté :

La notion de subsistance (rizq) revient souvent dans le Coran. Toujours d’après Yusuf Ali cette notion  renvoie à tout ce qui est nécessaire à la conservation et à l'épanouissement de la vie spirituelle, mentale et physique à tous ses stades. Dieu est perçu comme Celui qui assure toute notre subsistance. Il est ordonné aux musulmans de rejeter tous les dieux rivaux, ce qui, selon Yusuf Ali, englobe les idoles, la poésie, l'art, la science et la fierté de la propriété. Le musulman ne devrait pas surévaluer les dimensions matérielles ou technologiques (« dieux ») de notre vie moderne parce qu'elles peuvent distraire quelqu'un de la glorification et de l'adoration de Dieu.

L’islam insiste l’homme à chercher son rizq et lutte contre la pauvreté. Cette dernière étant, dans la plupart des cas la résultante d’une répartition inéquitable des richesses de la nation. De ce fait, la pauvreté pousse les gens à abuser du peu de ressources naturelles dont ils disposent. Ce qui diminue d’autant leur capacité productive et provoque des problèmes environnementaux graves.

La manière islamique d'atténuation de la pauvreté est axée sur le développement de l’homme et l’offre des possibilités d'emploi pertinentes. La kifalah des pauvres en Islam est assurée par les plus proches parents, les voisins en vertu des droits de voisinage, et l’ensemble de la communauté musulmane par la Sadaqat. En outre, un État islamique est tenu de fournir la subsistance de ses citoyens, indépendamment de leur religion. L'Etat répond à cette responsabilité par la collecte de la zakat. Le Baitul-Mal (Trésor), est une institution de l'État qui a pour mission de redistribuer la collecte de la zakat à deux catégories de pauvres, des Fuqara (pauvres des communautés musulmanes) et Masakin (pauvres de sociétés non -musulmans).

« Les communautés locales, nationales et internationales doivent concevoir des politiques de développement et des plans de réforme économique susceptibles d'éradiquer ces fléaux par la création d'opportunités d'emploi, la réalisation du développement humain et économique ainsi qu'au niveau de l'enseignement dans les zones les plus pauvres et les plus sous-développées et la lutte contre l’analphabétisme »[42].

 

Conclusion

La qualité humaine de l’entreprise et l’éthique des affaires de la communauté musulmane se sont un peu déformées à cause des passions égoïstes et de l’avidité des gens qui mènent ensuite à l’égoïsme, l’arrogance, le sarcasme, la grossièreté et la cruauté.

Cependant, ce ne sont pas les valeurs qu’Allah a déterminées pour les êtres humains qu’Il a créés. Allah ordonne aux gens d’être dignes, modestes, loyaux, aimables, fidèles et  mature. Ce n’est pas la religion qui n’a pas rempli son rôle dans l'éthique des affaires, mais ce sont les gens qui refusent de s’y inspirer. 

En effet, l’Islam à toujours respecté et vénéré l’être humain en tant qu’homme, sans pour autant considérer sa religion, son sexe, sa langue ou bien sa couleur. Aussi, Dieu l’a doté d’une intelligence, d’un esprit et d’une âme pour qu’il puisse vivre sur cette planète comme Son khalifat avec tous les moyens lui permettant d’accomplir cette noble mission.

Aujourd’hui il existe un grand intérêt à développer cet état d’esprit chez les créateurs dirigeants et personnel pour donner éthique à leur entreprise, à faire partager les valeurs morales évidemment, mais surtout lui donner forme, consistance, réalité, développement.

L’entreprise doit revoir son management en prenant en considération cette monté de prise de conscience éthique dans le monde.

 


 

Bibliographie

 

  • Déclaration islamique sur le développement durable La Première Conférence islamique des Ministres de l'Environnement tenue à Jeddah du 29 Rabie I au 1er Rabie II 1423 H, correspondant au 10-12 juin 2002,
  • Friedman M. (1970), « The social responsability of business is to increase profits », New York Times Magazine, 13 septembre
  • Gendron C. (2000), « Enjeux sociaux et représentations de l’entreprise », Revue du Mauss, 15, pp. 320-325.
  • Livre vert de l’Union européenne
  • Mohamed Abdou, tome 2, page 310, Œuvres complètes de l’Imam, Etude et annotations de Dr Mohamed Amara, Ed. Dar Chorouk, le Caire, 1993
  • Mohamed AMARA « La modération islamique »Revue l'islam aujourd'hui N° 23-1427H/2006
  • Montgomery D.-B. et Ramus C.-A. (2003), « Corporate Social Responsability Reputation Effects on MBA Job Choice », Standford GSB Working Paper N° 1805.
  • Nahj Al-Balagha, p. 327, interprété par l’Imam Mohamed Abdou, annotations et commentaires de Mohamed Ahmad Achour, Mohamed Ibrahim Al-Banna, Ed. Dar Achaâb, Le Caire.
  • Structural Change and Economic Dynamics (2004) Le numéro spécial de la revue sur la RSE
  • Yusuf Ali, “The Holy Qur'an : Text, Translation, and Commentary,” American Trust Publications for The Muslim Student Association of the United States and Canada, 1977
  • http://europa.eu.int/comm/enterprise/csr/policy.htm
  • arese-sa.com

 

[1] http://europa.eu.int/comm/enterprise/csr/policy.htm

[2] Livre vert de l’Union européenne (CE 2001, p. 5)

[3] www.arese-sa.com

[4] Le numéro spécial de la revue Structural Change and Economic Dynamics (2004)[4] sur la RSE

[5] Friedman M. (1970), « The social responsability of business is to increase profits », New York Times Magazine, 13 septembre.

[6] Montgomery D.-B. et Ramus C.-A. (2003), « Corporate Social Responsability Reputation Effects on MBA Job Choice », Standford GSB Working Paper N° 1805.

[7] Gendron C. (2000), « Enjeux sociaux et représentations de l’entreprise », Revue du Mauss, 15, pp. 320-325.

[8]Mohamed AMARA « La modération islamique »Revue l'islam aujourd'hui N° 23-1427H/2006

[9] Sourate Al Baqarah, 143

[10]Aristote (384/322 avant Jésus Christ), la modération selon lui fait de la vertu le milieu entre deux vices.

[11] Rapporté par l'Imam Ahmad

[12] Sourate Al Baqarah, 143)

[13] Sourate al imrane  / 10

[14] Œuvres complètes de l’Imam Mohamed Abdou, tome 2, page 310, Etude et annotations de Dr Mohamed Amara, Ed. Dar Chorouk, le Caire, 1993

[15] idem., tome 4, page 223, Ed. Beyrouth, 1972

[16] Sourate Al- Imran, 110

[17] Al-Aaraf: 158

[18] Coran 21 / 107

[19] Coran 5 / 8

[20] Coran 29/46

[21] Coran 60/8

[22] 32 avant l'hégire- 40 de l'hégire/600-672)

[23] Nahj Al-Balagha, p. 327, interprété par l’Imam Mohamed Abdou, annotations et commentaires de Mohamed Ahmad Achour, Mohamed Ibrahim Al-Banna, Ed. Dar Achaâb, Le Caire.

[24] Rapporté par Mouslim

[25] Explication par ash-Shaykh 'Abd ar-Rahmân ibn Nâsir as-Sa'dî Qu'Allâh lui fasse miséricorde Source : Bahjatu Qulûb al-Abrâr wa Qurratu 'Uyûn al-Akhyâr fî Sharhi Jawâmi' al-Akhbâr, hadîth n° 3.

[26] Ibn Maja 2 356

[27] Sourate Al Anbiya 16-17. “He created man and taught him clear expression. The sun and the moon both run with precision.

[28] Sourate Al Rahman 10

[29] Sourate Ar roum 20

[30] Sourate El Hidjr 22

[31] Sourate Al Anbyaa 30

[32] Sourate Al Mulk 30

[33] Rapporté par Muslim

[34] Rapporté par Muslim

[35] Rapporté par Abou Daoud

[36] Sourate Al Muminuon 23: 18-22

[37] Sourate Al Anaam 38

[38] Sourate Al Qasas 77

[39] Sourate Al-A'raf 31. "And do not follow the bidding of the excessive, who cause corruption in the earth and do not work good”, (Ash-Shu'ara 26: 151-152). “And do not cause corruption in the earth, when it has been set in order”, (Al-A'râf 7:56).

[40] Sourate An Nahl 90

[41] Yusuf Ali, “The Holy Qur'an : Text, Translation, and Commentary,” American Trust Publications for The Muslim Student Association of the United States and Canada, 1977

[42] Extrait de la déclaration islamique sur le développement durable La Première Conférence islamique des Ministres de l'Environnement tenue à Jeddah du 29 Rabie I au 1er Rabie II 1423 H, correspondant au 10-12 juin 2002,

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