An ethical perspective concerning the Environment

"The obligation of the Shari’ah is to provide the well-being of all 
Mankind. which lies in safeguarding their faith, their human self,
their intellect, their progeny and their wealth.”

Al Ghazali

C’est dans les années 70 que l’éthique environnementale s’est développée aux Etats-Unis, sous l’impulsion de l’œuvre du défunt Aldo Leopold (1887-1948), qui fût un philosophe et un fervent défenseur de la nature. Considéré comme le père fondateur de l’écologie moderne, il mena avec sa femme et ses enfants, une expérimentation exemplaire de réhabilitation écologique. Il mît en application une éthique. L’éthique appliquée, au sens large, tente d’articuler les théories morales, philosophiques ou théologiques, et la pratique. A cet égard, Aldo Léopold fût un pionnier en matière environnementale. Il mit en pratique une éthique biocentrique, avec la conviction que chaque organisme vivant est un centre de vie téléologique dont la valeur est intrinsèque.

L’éthique environnementale est une nouvelle voie permettant de répondre aux nouveaux enjeux liés au développement croissant et rapide des technologies qui ont des conséquences néfastes sur l'homme, la biodiversité, l'environnement et la planète dans son ensemble. L’environnement concerne différents secteurs à la fois : le politique, l’économie, l’éducation, les sciences… C’est en 1980 que le constat est fait, à grande échelle, du déclin de la biodiversité comme conséquence de l’impact néfaste des activités humaines sur la diversité du vivant. Ainsi, la dimension éthique des problématiques environnementales actuelles concerne la manière de répondre aux défis que l’humanité a à relever.

La première caractéristique de l'éthique environnementale est qu’elle s’intéresse au devenir de la planète. En effet, les sociétés post-modernes composent avec des conséquences parfois désastreuses dues au développement technologique: la déforestation, la désertification, le réchauffement climatique, l'extinction d'espèces animales, la pollution, etc.... Appliquer les principes éthiques impliquent de poser les bonnes questions, celles qui sont essentielles. Cela permet une conscience et une réflexivité sur la nature des actions, leurs objectifs, leurs étendues et leurs justifications. C'est pourquoi l'éthique environnementale est à considérer comme a priori des actions, elle s'impose comme une nécessité qui donne du sens aux choix adoptés et aux conséquences de ces choix sur l'environnement.

Il en résulte qu’une des questions centrales de l'éthique environnementale est de repenser la "place" de l'homme sur Terre et du rapport qu'il doit entretenir avec la nature. A cet égard, l’œuvre d’Aldo Léopold a permis une rupture épistémologique dans l’éthique environnementale. Contemplatif de la nature, il adoptera une nouvelle relation avec la Nature. Il défend « une éthique de la terre qui fait passer l’Homo-sapiens du rôle de conquérant de la communauté terre à celui de membre et citoyen parmi d’autres de cette communauté. Elle implique le respect des autres membres et aussi le respect de la communauté en tant que telle. »

Un grand nombre de valeurs découlent de cette approche éthique: le bien-être des individus et des communautés, la solidarité et l’unité entre individus et entre communautés, l’excellence dans le bien, la solidarité, le respect de la nature et le respect de la biodiversité. Toutes ces valeurs peuvent être conceptualisées sous forme de  principes qui sont: Ne pas nuire, contribuer au bien-être d’autrui, être juste, être tolérant et respecter la dignité d’autrui.

Nous retrouvons ces principes dans les qawa’id, qui sont des principes islamiques, au nombre de cinq qui forment un système dans lequel ils sont interdépendants les uns des autres. « The five qawa’id that served as the basis upon which secondary principles and rules were established are: Do not harm others and others should not harm you, là darar wa-là diràr.”

En ce qui concerne le respect à l’environnement, là darar wa là diràr, est le principe central le plus influent (Hakim, 2012). Ce principe est fondamental et dépendant du concept de justice sociale. En termes de justice sociale, il est important de préciser que les conséquences des dérèglements climatiques affectent, en premier lieu, les personnes les plus vulnérables. Et que cela nécessite donc de s’intéresser à la vulnérabilité et aux manières d’y remédier.

La dimension éthique de la question environnementale m’est en lumière le partage, à travers l’accès partagé aux ressources naturelles et vitales avec les autres membres de l’humanité, entre et à travers les générations. Le souci de laisser une planète vivable et viable aux futures générations est l’un des points cruciaux de ce principe d’équité. D’un autre côté se pose la question de savoir combien de sacrifices peuvent être raisonnablement et éthiquement attendu des hommes au nom du bien-être des générations futures et pour combien de générations de tels sacrifices doivent être faits. Le principe d’équité nécessite d’agir sur une base intentionnelle de partage tout en agissant en harmonie avec la nature. Gifford Pinchot (1864-1946) défendait l’idée selon laquelle la conservation de la nature était un moyen de pérenniser les ressources naturelles qui permettrait d’en assurer une exploitation durable.

En filigrane, cela implique de se penser soi-même “with these global concerns: humanity's relationship to the environment, its understanding of and responsibility to nature, and its obligations to leave some of nature's resources to posterity. Pollution, population control resource use, food production and distribution, energy production and consumption, the preservation of the wilderness and of species diversity- all far under its purview. It asks comprehensive, global questions and applies its principles to the daily lives of men and women everywhere on Earth.”

L’UNESCO a promulgé en 1997 une déclaration “The responsibilities of the present generations towards future generations.” Et grâce aux précisions que donne le rapport de l’UNESCO “Our common future”, nous pouvons voir que les acteurs décisionnels doivent agir aussi. Hans Jonas écrira en 1979 “le “principe responsabilité” qu’il définira comme une condition globale de la vie humaine, ainsi que de l’avenir lointain et de l’existence de l’espèce. Revenons au principe d’action, il décrit leurs effets comme compatibles avec les permanences d’une vie authentiquement humaine sur terre.

Cela induit une notion sous-jacente de développement durable. Nous pouvons voir que les questions environnementales ne se limitent pas à une gestion écologique. Le rapport Brundtland  précise la relation entre l’environnement et les actions humaines. "The environment does not exist as a sphere separate from human actions, ambitions, needs and attempts to defend it in isolation from human concerns have given the very word "environment" a connotation of naivety in some political circles. The word "development" has also been narrowed by some into a very limited focus, along the lines of "what poor nations should do to become richer". (...) But the "environment" is where we all live; and "development" is what we all do in attempting to improve our lot within that abode. The two are inseparable. Further, development issues must be seen as crucial by the political leaders who feel that their countries have reached a plateau towards which other nations must strive. Many of the development paths of the industrialized nations are clearly unsustainable. And the development decisions of these countries, because of their great economic and political power, will have a profound effect upon the ability of all people to sustain human progress for generations to come."

A une échelle humaine, diverses initiatives dans le domaine du développement durable émergent, portées par des initiatives locales, qui tentent de développer une prise de conscience collective. La nécessité implique d’établir des changements dans nos modes de vie, à contre-courant d’une vie consumériste. Le but est de réapprendre à utiliser les ressources locales en vue de pourvoir aux besoins de la vie quotidienne. Ainsi consommer local, adapter ses consommations aux aléas climatiques, partager, jardiner bio ou encore limiter les intermédiaires dans la chaîne de consommation, créer de nouveau circuit d’approvisionnement. Dans d’autres régions, comme en Afrique, l’accès à l’eau, l’agriculture ou l’adaptabilité aux changements climatiques sont des critères qui mènent à renouveler le lien entre l’Homme et la Nature. Cette prise de conscience en ce qui concerne notre relation à l'environnement, passe par l'appropriation du sens et du lien avec la nature, des besoins et du respect d'un niveau ontologique de la Nature.

La foi musulmane, à travers le Coran et la Sunna, nous donne une éthique inhérente à la place de l’homme sur Terre. L’être humain a des devoirs et des responsabilités en ce qui concerne la préservation de l’ordre naturel écologique. Les philosophes s’intéressant à la nature, les autorités religieuses ont remarqué la particularité de l’Islam concernant son éthique environnementale. La notion de « stewardship » qui est la plus proche, dans ce domaine spécifique, de la notion de « Califat » est une notion qui induit la dépendance entre l’humanité et la nature. Cette notion souligne le sens des responsabilités et de la bonne gouvernance. L’importance de cette notion réside dans l’objectif des actions. Pourquoi les musulmans doivent-ils considérer les biens de la Nature comme des ressources à utiliser avec une pratique éthique? L’Islam se caractérise par une spiritualité englobante qui se retrouve dans tous les actes du musulman, aussi sa façon de consommer les biens de la Nature relève du culte. Et c’est un des points clés pour éduquer les individus. Extrapoler ces principes à toute la communauté musulmane, dans ce que cela implique en termes de modération et d’usage raisonné, à l’exemple de notre prophète Muhammad, se traduirait par un impact positif sur l’environnement car cette population compte plus de 1,5 milliards d’individus. C’est le défi initié par l’écothéologie : Comment amener les croyants à changer de comportement concernant l’environnement? Une des réponses serait de relire les sources religieuses et d’y puiser les ressources éthiques qui font sens pour les croyants. Ainsi en découlerait une communauté de foi qui agit pour le bien de la planète.


BIBLIOGRAPHY

Hakim, Besim S., “Built Environment in Law”, Encyclopedia of Islam, THREE, Edited by: Gudrun Krämer, Denis Matringue, John Nawas, Everett Rowson; Brill Online, 2012

Hans Jonas, Le principe responsabilité, une éthique pour la civilisation technologique, Paris, Editions du Cerf, 1990

Aldo Leopold, A Sand county almanac, New York, Oxford University Press, 1949

Gifford Pinchot, Breaking new ground, New York, Harcourt Brace Jovanovich, 1947

Directed by L.P Pojman, “Environmental Ethics, Readings in Theory and Application”, Boston, Wadsworth Thomson Learning, 2008

Report:

World commission on Environment and development, Our Common Future, New York, Oxford University Press, 1987

Issues in Environmental ethics?

How should the concept of Ecotheology be adapted to Islam in order to promote the ethical stewardship by humans of Nature?

Due to the environmental crisis, what kind of practices should be adopted at the International, National and local level? And how should these levels be integrated?

The necessity of sensitizing the religious authorities concerning the issue of ecology; people have to be educated to the cause of the environment as they are educated to pray, to fast during Ramadan, to engage in good behavior. What importance could educators give to Ethical practice in order to encourage respectful behavior towards Nature?

How should the transition between the International charter (e.g.: the Earth Charter) and practices be managed in order to go beyond the theoretical level?

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